Aller au contenu

Chatbot expert-comptable : ce qu’il peut répondre et ce qu’il ne doit pas faire

Un chatbot comptable répond aux questions pratiques du cabinet à partir de vos pages, sans conseil fiscal ni chiffre inventé. Le secret professionnel, les conseils de la CNIL et les questions à poser au prestataire.

MagizAI Team7 min de lecture

Un chatbot pour expert-comptable répond aux questions pratiques des clients et des prospects du cabinet : horaires, pièces à fournir, échéances que vous avez publiées, prise de rendez-vous. Il ne donne pas de conseil fiscal personnalisé, n’invente aucun chiffre et passe la main à un collaborateur dès qu’une question touche au dossier d’un client.

Ce qui suit vaut pour n’importe quel outil. Les textes cités viennent de la CNIL et de l’Ordre des experts-comptables, lus le 21 octobre 2026. Ceci n’est pas un conseil juridique.

Ce qu’un chatbot comptable peut prendre en charge

Tout ce qui se lit déjà sur votre site ou dans vos documents d’accueil :

  • Le pratique : horaires, adresse, fermetures, la bonne personne à joindre.
  • Les pièces à fournir pour chaque mission : création de société, bilan, déclaration de revenus, paie. Publiez la liste ou donnez-la en PDF.
  • Vos échéances : la date à laquelle vous voulez recevoir les relevés, les documents de fin d’exercice ou les éléments de paie du mois.
  • Vos missions et vos honoraires, tels que vous les publiez.
  • Les rendez-vous, au cabinet ou en visioconférence.
  • Les prospects : une demande de rappel ou de devis, avec un nom et un moyen de joindre la personne.

Pour les échéances fiscales et sociales, donnez-lui une page datée que vous mettez à jour à chaque campagne. Si votre page garde la date de l’an dernier, le chatbot la donnera.

Ce qu’il ne doit jamais faire

  • Donner un conseil fiscal personnalisé. « Puis-je déduire ce véhicule ? », « Quel statut pour mon activité ? » : la réponse dépend du dossier, et c’est le métier du cabinet. Le chatbot propose un rendez-vous.
  • Inventer un chiffre. Un taux, un plafond ou une date absents de vos pages n’ont rien à faire dans une réponse. Le Conseil national de l’Ordre le rappelle dans sa notice sur ChatGPT : « Vérifiez toujours les réponses fournies : l’IA peut se tromper ou inventer (on parle d’“hallucination”) ».
  • Parler du dossier d’un client. S’il n’est relié à aucun logiciel du cabinet, il ne voit ni les comptes ni les déclarations, et ne doit pas faire comme s’il les voyait.
  • Recueillir des pièces comptables dans la conversation. Relevés, bulletins de paie et avis d’imposition ont leur place dans l’outil d’échange de documents du cabinet.
  • Décider seul. Accepter un client ou fixer des honoraires hors grille reste une décision humaine. La CNIL rappelle qu’une conversation avec un chatbot sans intervention humaine « ne peut conduire à elle seule à des décisions importantes pour la personne concernée ».

Le secret professionnel, en clair

Le texte de base est l’article 21 de l’ordonnance du 19 septembre 1945. Tel que le cite le conseil régional de l’Ordre des Pays de la Loire, il dispose que les experts-comptables, leurs salariés visés par l’ordonnance, les stagiaires et certains professionnels « sont tenus au secret professionnel dans les conditions et sous les peines fixées par l’article 226-13 du Code pénal ». Selon la même page, cet article punit la révélation d’une information à caractère secret d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, et toute information connue en raison de la profession est couverte.

Pour un chatbot, la conséquence est concrète : ce qu’un client écrit sur sa situation passe par le prestataire du chatbot et par le fournisseur du modèle d’IA. Dans sa notice « Comment utiliser ChatGPT® ? », le Conseil national de l’Ordre pose la règle d’usage : « Ne chargez pas de données personnelles, sensibles et/ou confidentielles : pas de mails clients, de FEC, de DSN… non anonymisés dans des sites non maîtrisés (respect du RGPD et du secret professionnel). »

D’où deux réflexes. Un chatbot d’accueil ne demande ni numéro fiscal ni pièce comptable. Et vous savez où vont les conversations, et qui peut les lire.

RGPD : les conseils de la CNIL pour un chatbot

La CNIL a publié le 19 février 2021 des conseils propres aux chatbots. Quatre points comptent pour un cabinet :

  • Le traceur. Un cookie déposé avant que le visiteur active le chat demande son consentement préalable. Déposé seulement quand il ouvre la conversation, et pour le seul chat, il est « strictement nécessaire » et le consentement n’est pas requis.
  • La conservation. Les données se gardent le temps nécessaire à la finalité : une demande de rendez-vous ne justifie pas la même durée qu’une réclamation.
  • Les décisions. Rien d’important pour la personne ne se décide sur la seule conversation, sans intervention humaine.
  • Les données sensibles. Une mise en garde avant l’usage du chat, invitant à ne pas en communiquer, et une purge immédiate ou au moins régulière.

Le prestataire du chatbot traite les données pour le compte du cabinet. Dans sa fiche sur la sous-traitance, la CNIL déconseille de commencer « sans avoir signé un contrat avec le prestataire reprenant les exigences posées par l’article 28 du RGPD », comme de recourir à un cloud « sans garantie quant à la localisation géographique effective des données ». Hors de l’UE et de l’EEE, rappelle sa page sur les transferts, il faut encadrer le transfert avec les outils du chapitre V du RGPD.

Les questions à poser à un prestataire

  1. Où sont stockées les conversations, et quittent-elles l’UE ? Sur quel fondement ?
  2. Quels sont les sous-traitants, fournisseur du modèle d’IA compris, et les conversations entraînent-elles un modèle ? Les conditions varient d’un fournisseur à l’autre, comme le montre notre article sur le BYOK.
  3. Le chat dépose-t-il un cookie ou un identifiant avant que le visiteur l’ouvre ?
  4. Combien de temps les conversations sont-elles gardées, et peut-on exporter ou effacer celles d’une personne ?
  5. Peut-on limiter le chatbot à vos contenus et lui donner des sujets à transmettre ?
  6. Peut-on couper l’envoi de fichiers dans la fenêtre de chat ?

Ce que fait MagizAI, et ce qu’il faut savoir

MagizAI répond à partir des pages et des fichiers que vous lui donnez. Le réglage « Répondre uniquement à partir des connaissances entraînées » lui retire les connaissances générales, et ses consignes par défaut lui interdisent d’inventer un conseil financier ou d’annoncer un prix, un pourcentage ou une date absents de votre contenu. Sous « Sujets à éviter et à transmettre à un humain », vous listez ce qui revient au cabinet, comme la situation fiscale d’un client : il a pour consigne de passer la conversation, que l’équipe reprend dans la boîte de réception. Le modèle « Consultation comptable et fiscale » prend les rendez-vous. Le guide « Contrôler ce que dit l’IA » montre ces réglages.

Nos réponses aux questions ci-dessus. Nos serveurs sont à Singapour, chez OVHcloud, donc hors de l’UE, et chaque réponse passe par le fournisseur d’IA utilisé. Il n’existe pas de connecteur pour les logiciels comptables. Par défaut, la fenêtre de chat enregistre un identifiant de visiteur dans le navigateur dès le chargement de la page, pour la liste des visiteurs en direct, et le tableau de bord ne propose pas encore de réglage pour l’éviter. L’envoi de fichiers dans le chat se coupe dans l’apparence du chatbot, et les demandes de confidentialité exportent ou effacent tout ce qui concerne un visiteur. À vous de juger sur cette base, avec votre délégué à la protection des données si vous en avez un. Le reste est sur la page chatbot IA pour comptables.

Voyez-le fonctionner sur votre propre contenu.

Ajoutez MagizAI à votre site et laissez-le commencer à résoudre des conversations dès aujourd'hui.